Statut de la fonction publique territoriale : « il est irresponsable de vouloir le supprimer »

Tribune de Jean Dreuil, Conseiller départemental de l’Ouest Agenais et Président du Centre de gestion de la fonction publique territoriale, sur le statut des fonctionnaires territoriaux.

Lors du dernier conseil municipal de la ville d’Agen, Bernard Lusset, adjoint aux finances, s’est prononcé pour la suppression du statut de la fonction publique territoriale, qualifiant ce dernier de « corset mortifère ».

Je m’inscris en faux contre cette charge démagogique, surprenante de la part d’un représentant de la famille centriste agenaise, se contentant là de s’aligner sur les propositions les plus tape-à-l’œil du président des Républicains.

Je défends pour ma part le statut de la fonction publique territoriale. Et je le fais d’autant plus aisément que j’ai réalisé l’ensemble de ma carrière professionnelle dans le secteur privé.

S’il est indispensable d’assouplir et de moderniser le statut, je le constate tous les jours dans ma mairie ou au CDG, il est irresponsable de vouloir le supprimer.

En premier lieu, le statut est un stabilisateur social. Il permet une relative homogénéité entre les agglomérations et les territoires ruraux beaucoup moins attractifs et impactés par un fort sentiment d’abandon économique.

En second lieu, le statut est une garantie contre le clientélisme. En l’absence de règles statutaires, la tentation serait grande de recourir à des emplois de complaisance. Paradoxalement, le statut protège les employeurs publics, certes exemplaires dans leur engagement, mais souvent insuffisamment formés et juridiquement exposés.

En troisième lieu, comment croire que la coexistence d’agents territoriaux et d’agents privés au sein d’une structure locale conduise à une simplification ? Et ce alors même que 25% des effectifs actuels sont déjà composés de contractuels de droit public.

Enfin, la stigmatisation des agents territoriaux clive, déclasse et reprend une vieille rengaine sur les « nantis » et les « emplois à vie » (lesquels n’existent pas dans le statut actuel).

A ce titre, il ne faut pas oublier que l’augmentation modérée du point d’indice concerne des agents n’ayant bénéficié d’aucune revalorisation depuis 2010 et touchant un salaire net médian de 1659 € par mois.

Et ne pas s’enfermer dans le corset mortifère d’une pensée étriquée.

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